La langue de bois

La langue de bois contrairement à ce qu’elle laisse entendre n’est en rien un organe qui aurait transmuté la chaire en végétal. Nous connaissons tous la gueule de bois, celle qui nous laisse couché pendant 24 heures après ingurgitations de substances alcooliques à fortes doses. Nous nous souvenons bien de ce brouillard persistant qui ne se dégage pas de notre pauvre cerveau, comme si ces breuvages issus de la distillation des plantes avait quelque peu collé nos synapses et nos neurones… Cet état boisé, reste, même s’il est désagréable, acceptable dans son rapport à l’autre. Nous ne pouvons nuire à personne sinon à nous même dans cette configuration. Or, ce qui caractérise la fameuse langue de bois, c’est cette capacité qu’on tous les pratiquants ou praticiens, praticiens dans le sens ou c’est devenu une habitude réthorique, ce qui les caractérise donc, c’est cette capacité à ne jamais dire ce que l’on pense de peur de n’être plus d’accord avec personne, pas même avec soi-même. Écoutez donc nos grands communicants dans leurs analyses éclairées des situations sociétales lorsqu’ils ne disent pas, lorsqu’ils ne prennent pas vraiment partie, lorsqu’ils se désolidarisent de la pensée singulière. Ils ne disent jamais ce qu’ils pensent, mais ce qu’il convient de penser dans le cadre de la société morale ou moraliste. Comment on arrache une chemise ou deux ? C’est inacceptable ! Pourquoi, comment, par quel concours de circonstances ? Tout cela importe peu, le plus faible, c’est celui qui se fait agresser physiquement… pas l’autre, le pauvre qui par son attitude a provoqué l’action. Enfin, il faut à tout prendre savoir raison garder ! Ce n’est parce que l’on se sent mésestimé qu’il faut réagir par la violence. D’aucun ont parlé de la violence subit par les salariés lorsque leurs emplois sont attaqués, mais rien de spectaculaire là dedans ! Alors quand des hommes politiques de tous bords ou presque, que des syndicaliste de tous bords ou presque, que des personnalité de tous bords ou presque, commentent l’actualité, j’ai peur ! Plus aucune prise de position réfléchie, pesée comprise n’a d’écho. Plus aucune personne médiatique ou presque n’ose dire ce qu’il pense réellement et nous savons tous pourquoi… Il faut plaire, il faut séduire, il faut fédérer le plus grands nombre de personne. Alors quoiqu’l faille commenter, on analyse, on pèse le pour et le contre, et comme tout n’est ni blanc ni noir pour ces… personnes, on dit Gris… Et après on s’étonne que notre monde devienne gris fade et sans couleurs… !